
|
Main basse sur la
ville ou des rives urbaines ?

Les quartiers populaires de Paris sont l’objet de toutes les
convoitises : promoteurs immobiliers, projets d’urbanisme
publics, accès à la propriété de la classe moyenne … Au nom de la
“ mixité sociale ”, les pauvres sont virés des
quartiers populaires. Comment s’opère ce processus de
gentrification : projet politique ou processus
social ? Avec l’avènement du Grand Paris, comment ce processus
va-t-il s’amplifier, est-ce inéluctable ? Sommes-nous acteurs
de cette gentrification ? Quelles luttes ?
Vendredi 7 mai :
Ouverture du Frap et introduction à l’atelier ville
Jardin d’Alice (40 rue de la chapelle)– Métro La Chapelle
- 19 h
Apéro festif concert (groupe La gêne occasionnée) et visite d’une
auto-construction
- 21 h
Présentation du projet Zelda, projet d’habitat collectif
- 22h30 Projection en plein air de Main
basse sur la ville de Francesco Rosi (1963)
Dimanche 9 mai : Gentrification et Grand Paris Écobox (37 rue Pajol)– Métro La Chapelle
- 10h30 RDV à la Rotonde de Stalingrad
pour une “ balade ” à la découverte des 19e et 18e
arrondissements et des processus de gentrification avec Anne Clerval
(géographe) et Jean-Pierre Garnier (sociologue).
- 14 h
Projection d’un docu “ harmonie brisée ”
sur Beauvais
- 14h30 Débat : Gentrification,
projet politique ou processus social ? Avec Anne Clerval
(géographe), Jean-Pierre Garnier (sociologue) et Virginie Milliot
(ethnologue)
- 18 h
Histoire de Paris : construction des ceintures autour de Paris
avec Éric Hazan (éditeur de la Fabrique, auteur de L’Invention de Paris)
- 19h30 Enjeux du grand paris : qu'est-ce qui nous attend ? Nicolas
Texier (Architecte consultant), Eric Lengereau (Architecte) et Serge
Depaquit (Adels, quelle place pour la démocratie et les habitants?).
- 21h Repas !
Mardi 11 mai : Résistances aux projets immobiliers
à La Demi-lune (84 Rue de la Demi Lune, bus 129)– Montreuil
14h30 à 16h30 petit café-jardin
- 16h30 à 17h30 promenade dans le quartier, dans
les zones encore vides...
- 19h Apero discusion sur les résistances aux projets
immobiliers avec la demi-lune, le CAD (comité anti-démolition), la
revue Z (projets d’aménagements en cours à Marseille), intervenante
sur les assemblées populaires de Marseille.
Montreuil, c'est tout près de Paris et un peu loin,
entre le Métro vers Paris et la banlieue, entre des rues de maisons et
des cités HLM, des foyers de travailleurs immigrés, moins de voiture,
des côtés villages, les murs à pêches et des ateliers
d'artistes...
Il y a peu, le directeur de cabinet de la
mairie vert, pragmatique, se réjouissait dans le journal L'express: «
Notre atout, c'est qu'un quart de l'espace public demeure à
l'abandon. Des logements seront construits sur ce foncier libre. Cela
augmentera le prix de l'immobilier et éloignera les couches les plus
populaires vers les deuxième et troisième couronnes. Mais certains y
trouveront leur compte, vendant leur pavillon à des bobos avec une
grosse plus-value ». La Mairie multiplie les réunions publiques de
présentation des projets, les grandes annonces, et la promesse que les
chantiers commenceront bientôt...
La rumeur dit que le travail est déjà fait pour le bas-Montreuil...Pour
le haut-Montreuil, un peu plus isolé, de nombreux projets, plusieurs
ZAC, l'idée du Grand Paris, vont profondément modifier la ville. Si
à Montreuil, il y a encore une curieuse ambiance qui ne se trouve
pas tout à fait à Paris, des luttes autour du logement et sur d'autres
choses,des squats plus ou moins visibles, comment faire pour s'opposer,
empêcher, ou transformer les projets urbains qui s'annoncent en
catimini et sur des temps plus ou moins longs? Ce serait quoi des
luttes et des rencontres autour de l'urbanisme et de l'arrivée de la
métropole dans un quartier? Si de ces Zac-là, d'un aqua boulevard
(apparemment en projet), du tramway, de la rénovation des foyers en
résidence sociale et d'un éco-quartier dans le haut Montreuil, on
veut pas, on fait quoi? On fait comment? On fait comment à partir de
nos squats par ici, ou de nos habitations dans le coin, de nos
présences dans la ville... On se le demande...
Z est une revue itinérante de critique sociale et de reportage. Elle paraît trois fois
par an, au gré de ses rencontres et de ses déplacements. A chaque
numéro, une partie de la rédaction basée à Montreuils’installe sur un
territoire pendant un mois, ou plus s’il le faut.
Pour son deuxième numéro, Z s'est installé à Marseille pour enquêter sur les changements
que connaît la ville, et la gestion qui en est faite, notamment à
travers l'urbanisme et les grands projets "culturels", comme Marseille
Capitale de la culture 2013. Z a choisi de venir à Marseille pensant
que cette grande ville est l'une des dernières d'Europe à garder
en son centre des quartiers populaires, et qu'à travers les
« aménagements » qu'elle connaît aujourd'hui, il est possible
de porter un regard sur l'histoire des villes et de leur
administration. Très vite, nous avons été happés par ce que les
habitants avaient à dire. Que vivent-ils ? Comment ressentent-ils les
« réhabilitations » de leurs quartiers ? Dans quelle mesure
des grands projets tels qu'Euromeditérranée et Marseille 2013
entrent-ils en conflit avec ceux qui vivent la ville ?
Les
rencontres, les entretiens et les recherches que nous avons menés sur
le terrain nous conduisent à chercher autre chose que cette carte
blanche laissée aux élus et aux entreprises privées pour remodeler
notre quotidien et nos rues. Comment occuper des espaces collectifs,
renforcer des pratiques culturelles en voie de disparition, retisser un
lien social qui ne soit pas artificiel ? Autant de questions pour
lesquelles nous avons essayé d'apporter des pistes de réponses qu'on
souhaiterait partager.
Pour discuter de ces questions, une
camarade de Marseille nous parlera de sa ville qu'elle voit changer,
mais aussi des résistances qui s'organisent.
|